Calcul des Échelles de Temps de Migration

Calcul des Échelles de Temps de Migration

Calcul des Échelles de Temps de Migration

Contexte : Pourquoi les planètes ne restent-elles pas là où elles sont nées ?

La découverte des premières exoplanètes, notamment les "Jupiters chauds" (des planètes géantes orbitant extrêmement près de leur étoile), a bouleversé les modèles de formation planétaire. Il est impossible pour une géante gazeuse de se former si près de son étoile, là où la matière est rare et les températures trop élevées. La seule explication est que ces planètes se sont formées beaucoup plus loin et ont ensuite "migré" vers l'intérieur. Ce phénomène, la migration planétaireProcessus par lequel une planète change d'orbite après sa formation, en interagissant gravitationnellement avec le disque de gaz et de poussière dans lequel elle est née., est dû à l'interaction gravitationnelle entre la planète naissante et le disque protoplanétaire de gaz et de poussière qui l'entoure. Cette interaction agit comme une friction, faisant perdre de l'énergie à la planète qui spirale lentement vers son étoile.

Remarque Pédagogique : Cet exercice explore les deux principaux régimes de migration. Vous calculerez et comparerez l'échelle de temps de la migration de Type I, qui s'applique aux planètes de faible masse (comme la Terre), et celle de la migration de Type II, pour les planètes massives (comme Jupiter) qui sont assez grosses pour ouvrir un sillon dans le disque. Vous découvrirez pourquoi les planètes de faible masse migrent beaucoup plus rapidement, ce qui pose un défi majeur pour les théories de formation planétaire.


Objectifs Pédagogiques

  • Comprendre la physique de l'interaction planète-disque.
  • Distinguer les régimes de migration de Type I et de Type II.
  • Appliquer les formules standards pour calculer les échelles de temps de migration.
  • Analyser l'influence de la masse de la planète et des propriétés du disque sur la vitesse de migration.
  • Comprendre pourquoi la migration rapide de Type I est un "problème" en planétologie.

Données de l'étude

On considère un système stellaire jeune, composé d'une étoile de type solaire entourée d'un disque protoplanétaire. Deux planètes se sont formées à la même distance orbitale \(a = 5 \, \text{UA}\) (Unités Astronomiques).

Régimes de Migration Planétaire
Type I Type II

Données Physiques et Formules :

  • Masse de l'étoile : \(M_* = 1 \, M_{\odot} \approx 2 \times 10^{30} \, \text{kg}\).
  • Planète 1 (Terre) : \(M_{\text{p1}} = 1 \, M_{\oplus} \approx 6 \times 10^{24} \, \text{kg}\).
  • Planète 2 (Jupiter) : \(M_{\text{p2}} = 1 \, M_{J} \approx 1.9 \times 10^{27} \, \text{kg}\).
  • Propriétés du disque à \(a = 5 \, \text{UA}\) :
    • Densité de surface du gaz : \(\Sigma_g = 100 \, \text{kg/m}^2\).
    • Rapport d'aspect (hauteur/rayon) : \(h = H/a = 0.05\).
    • Paramètre de viscosité turbulente : \(\alpha = 10^{-3}\).
  • Constantes : \(G = 6.67 \times 10^{-11} \, \text{N} \cdot \text{m}^2/\text{kg}^2\), 1 UA \(\approx 1.5 \times 10^{11} \, \text{m}\), 1 an \(\approx 3.15 \times 10^7 \, \text{s}\).

Questions à traiter

  1. Calculer la vitesse angulaire Képlérienne (\(\Omega_K\)) des planètes à \(a=5\) UA.
  2. Calculer l'échelle de temps de migration de Type I (\(\tau_{\text{I}}\)) pour la planète de la masse de la Terre.
  3. Calculer l'échelle de temps de migration de Type II (\(\tau_{\text{II}}\)), qui est égale à l'échelle de temps visqueuse du disque (\(\tau_{\nu}\)).
  4. Comparer \(\tau_{\text{I}}\) et \(\tau_{\text{II}}\) à la durée de vie typique d'un disque protoplanétaire (environ 3 millions d'années). Quelles sont les implications ?

Correction : Calcul des Échelles de Temps de Migration

Question 1 : Calcul de la vitesse angulaire Képlérienne

Principe avec image animée (le concept physique)
M* F_g F_c Équilibre : \(F_g = F_c\)

La vitesse angulaire Képlérienne, \(\Omega_K\), représente la vitesse à laquelle un objet doit tourner pour rester en orbite circulaire stable à une distance \(a\) d'un corps central de masse \(M_*\). Elle est déterminée par l'équilibre entre la force de gravité (qui attire la planète vers l'étoile) et la force centrifuge (qui tend à l'éjecter vers l'extérieur).

Mini-Cours (approfondissement théorique)

L'équilibre des forces s'écrit \(F_g = F_c\), soit \(\frac{GM_*M_p}{a^2} = M_p a \omega^2\). En simplifiant par la masse de la planète \(M_p\) et en réarrangeant, on retrouve bien la formule de la vitesse angulaire Képlérienne. Notez que la vitesse orbitale \(v\) est liée à la vitesse angulaire par \(v = \omega a\).

Remarque Pédagogique (le conseil du professeur)

Point Clé : Remarquez que la vitesse angulaire ne dépend que de la masse de l'étoile et de la distance, pas de la masse de la planète. Une plume et un piano orbiteraient à la même vitesse à la même distance (en l'absence de friction).

Astuce (pour aller plus vite)

Pour vérifier rapidement un ordre de grandeur, souvenez-vous que la période orbitale de Jupiter est d'environ 12 ans. Comme \( \Omega = 2\pi/T \), on s'attend à un résultat de l'ordre de \( 2\pi / (12 \times 3.15 \times 10^7) \approx 1.6 \times 10^{-8} \, \text{rad/s} \). Notre calcul sera dans ce voisinage.

Normes (la référence réglementaire)

La **Troisième Loi de Kepler**, dans sa forme généralisée par Newton, est une loi fondamentale de la mécanique céleste. Elle décrit le mouvement de tous les corps en orbite sous l'effet de la gravitation.

Hypothèses (le cadre du calcul)

On suppose une orbite parfaitement circulaire et que la masse de la planète est négligeable par rapport à celle de l'étoile (\(M_p \ll M_*\)), ce qui est une excellente approximation.

Formule(s) (l'outil mathématique)

Troisième loi de Kepler (forme de Newton) :

\[ \Omega_K = \sqrt{\frac{GM_*}{a^3}} \]
Donnée(s) (les chiffres d'entrée)
  • \(G = 6.67 \times 10^{-11} \, \text{N} \cdot \text{m}^2/\text{kg}^2\)
  • \(M_* = 2 \times 10^{30} \, \text{kg}\)
  • \(a = 5 \, \text{UA} = 5 \times 1.5 \times 10^{11} = 7.5 \times 10^{11} \, \text{m}\)
Schéma (Avant le calcul)
Paramètres pour le calcul de \(\Omega_K\)
M* Planète a = 5 UA
Calcul(s) (l'application numérique)

Calcul de la vitesse angulaire :

\[ \begin{aligned} \Omega_K &= \sqrt{\frac{(6.67 \times 10^{-11}) \times (2 \times 10^{30})}{(7.5 \times 10^{11})^3}} \\ &= \sqrt{\frac{1.334 \times 10^{20}}{4.219 \times 10^{35}}} \\ &= \sqrt{3.16 \times 10^{-16}} \\ &\approx 1.78 \times 10^{-8} \, \text{rad/s} \end{aligned} \]
Schéma (Après le calcul)
Résultat du calcul de \(\Omega_K\)
\(\Omega_K \approx 1.78 \times 10^{-8}\) rad/s
Réflexions (l'interprétation du résultat) et points à retenir

Ce résultat est une vitesse de rotation très lente, ce qui est normal pour une orbite aussi lointaine. Il servira de "fréquence de base" pour les calculs de migration, car les interactions avec le disque sont liées à cette vitesse orbitale.
Point à retenir : Plus une planète est loin de son étoile, plus sa vitesse angulaire est faible.

Justifications (le pourquoi de cette étape)

La vitesse Képlérienne est un paramètre fondamental du disque protoplanétaire. De nombreuses propriétés du disque (comme sa viscosité, sa hauteur) et les interactions avec la planète en dépendent. Il est donc indispensable de la calculer en premier.

Points de vigilance (les erreurs à éviter)

L'erreur la plus commune est d'oublier d'élever le rayon \(a\) au cube dans la formule. Une autre erreur est d'oublier de prendre la racine carrée à la fin.

Le saviez-vous ? (la culture de l'ingénieur)
Résultat Final : La vitesse angulaire Képlérienne à 5 UA est \(\Omega_K \approx 1.78 \times 10^{-8} \, \text{rad/s}\).

À vous de jouer !

Question 2 : Calcul de l'échelle de temps de migration de Type I

Principe avec image animée (le concept physique)
Ondes de densité

Une planète de faible masse perturbe gravitationnellement le disque de gaz qui l'entoure. Elle crée des ondes de densitéPerturbations en forme de spirale dans le disque protoplanétaire, créées par l'influence gravitationnelle d'une planète. L'interaction entre la planète et ces ondes entraîne un échange de moment angulaire., similaires au sillage d'un bateau. Le bras de spirale interne (plus proche de l'étoile) tourne plus vite que la planète et la tire vers l'avant, lui donnant de l'énergie. Le bras externe tourne plus lentement et la freine, lui enlevant de l'énergie. L'effet du bras externe est légèrement plus fort, ce qui résulte en une perte nette d'énergie pour la planète, la faisant migrer vers l'intérieur.

Mini-Cours (approfondissement théorique)

L'interaction gravitationnelle qui cause la migration est due aux "résonances de Lindblad". Ce sont des endroits spécifiques dans le disque où la fréquence orbitale du gaz est en résonance avec la fréquence de perturbation de la planète. C'est à ces endroits que les ondes de densité sont excitées le plus efficacement, transférant le moment angulaire entre la planète et le disque.

Remarque Pédagogique (le conseil du professeur)

Point Clé : La migration de Type I est un processus "local". La planète n'interagit qu'avec le gaz dans son voisinage immédiat. C'est pourquoi elle est sensible à la densité locale du disque (\(\Sigma_g\)) et à la masse de la planète (\(M_p\)).

Astuce (pour aller plus vite)

La formule semble compliquée, mais retenez la dépendance principale : \(\tau_{\text{I}} \propto \frac{1}{M_p \Sigma_g}\). Le temps de migration est inversement proportionnel à la masse de la planète et à la densité du disque. Si vous doublez la masse de la planète OU la densité du disque, le temps de migration est divisé par deux (la migration est deux fois plus rapide).

Normes (la référence réglementaire)

La formule de \(\tau_{\text{I}}\) est une **formulation semi-analytique standard** en astrophysique, dérivée des travaux de Ward (1997) et Tanaka et al. (2002). Elle est basée sur des calculs de perturbation linéaire de la dynamique des fluides et est largement utilisée comme référence dans les modèles de formation planétaire.

Hypothèses (le cadre du calcul)

On suppose un disque "isotherme" (température constante localement) et sans turbulence magnétique complexe. On néglige les effets thermiques qui peuvent parfois ralentir ou inverser la migration.

Formule(s) (l'outil mathématique)

Échelle de temps de migration de Type I :

\[ \tau_{\text{I}} \approx \frac{1}{2.7} \left(\frac{M_*}{M_p}\right) \left(\frac{M_*}{\Sigma_g a^2}\right) h^2 \Omega_K^{-1} \]
Donnée(s) (les chiffres d'entrée)
  • \(M_* = 2 \times 10^{30} \, \text{kg}\)
  • \(M_p = M_{\text{p1}} = 6 \times 10^{24} \, \text{kg}\)
  • \(\Sigma_g = 100 \, \text{kg/m}^2\)
  • \(a = 7.5 \times 10^{11} \, \text{m}\)
  • \(h = 0.05\)
  • \(\Omega_K = 1.78 \times 10^{-8} \, \text{rad/s}\) (de la Q1)
Schéma (Avant le calcul)
Paramètres pour la migration de Type I
Mp a Disque: \(\Sigma_g, h\)
Calcul(s) (l'application numérique)

Calcul du terme \(M_*/M_p\) :

\[ \frac{M_*}{M_p} = \frac{2 \times 10^{30}}{6 \times 10^{24}} \approx 3.33 \times 10^5 \]

Calcul de la masse du disque local \(\Sigma_g a^2\) :

\[ \Sigma_g a^2 = 100 \times (7.5 \times 10^{11})^2 \approx 5.625 \times 10^{25} \, \text{kg} \]

Calcul de l'échelle de temps en secondes :

\[ \begin{aligned} \tau_{\text{I}} &\approx \frac{1}{2.7} \left(3.33 \times 10^5\right) \left(\frac{2 \times 10^{30}}{5.625 \times 10^{25}}\right) (0.05)^2 (1.78 \times 10^{-8})^{-1} \\ &\approx (0.37) \times (3.33 \times 10^5) \times (3.56 \times 10^4) \times (0.0025) \times (5.62 \times 10^7) \\ &\approx 6.17 \times 10^{12} \, \text{s} \end{aligned} \]

Conversion en années :

\[ \tau_{\text{I}} \text{ (en ans)} = \frac{6.17 \times 10^{12}}{3.15 \times 10^7} \approx 196000 \, \text{ans} \]
Schéma (Après le calcul)
Résultat de la migration de Type I
\(\tau_I \approx 200,000\) ans
Réflexions (l'interprétation du résultat) et points à retenir

Une échelle de temps de 200 000 ans est extrêmement courte à l'échelle de la formation planétaire (qui dure des millions d'années). Cela signifie que la planète migrerait de 5 UA jusqu'à son étoile en un temps très bref.
Point à retenir : La migration de Type I est un processus très efficace et rapide pour les planètes de faible masse.

Justifications (le pourquoi de cette étape)

Calculer cette échelle de temps est crucial pour évaluer si les embryons de planètes telluriques ont le temps de grandir avant d'être engloutis par leur étoile. C'est la première étape pour comprendre le "problème de la migration de Type I".

Points de vigilance (les erreurs à éviter)

La formule contient de nombreux termes. Il est facile de se tromper dans les puissances ou d'oublier un terme. Le plus sûr est de calculer chaque parenthèse séparément avant de les multiplier. Attention au terme \(\Omega_K^{-1}\) qui est au dénominateur.

Le saviez-vous ? (la culture de l'ingénieur)
Résultat Final : L'échelle de temps de migration de Type I pour une planète comme la Terre à 5 UA est d'environ 200 000 ans.

À vous de jouer !

Question 3 : Calcul de l'échelle de temps de migration de Type II

Principe avec image animée (le concept physique)
La planète est "piégée" dans son sillon et migre avec le disque.

Une planète massive (comme Jupiter) est si dominante gravitationnellement qu'elle repousse le gaz et la poussière sur son orbite, créant un large sillon ou "gap" dans le disque. La planète ne peut plus migrer librement. Elle se retrouve "piégée" et son sort est lié à l'évolution globale du disque. Le disque lui-même perd lentement de la matière qui tombe sur l'étoile à cause de la viscosité (frottements internes). La planète, enfermée dans son sillon, est entraînée avec le reste du disque. Sa migration est donc beaucoup plus lente, dictée par l'échelle de temps visqueuse du disque.

Mini-Cours (approfondissement théorique)

La viscosité dans un disque protoplanétaire n'est pas la viscosité moléculaire classique. Elle est due à la turbulence, principalement générée par une instabilité magnéto-rotationnelle (MRI). Le paramètre \(\alpha\) est une façon de paramétrer notre ignorance de la physique complexe de cette turbulence. C'est un nombre sans dimension, généralement supposé entre \(10^{-4}\) et \(10^{-2}\).

Remarque Pédagogique (le conseil du professeur)

Point Clé : La migration de Type II est un processus "global". Elle ne dépend pas de la masse de la planète (tant qu'elle est assez massive pour ouvrir un sillon), mais des propriétés globales du disque : sa taille (\(a\)) et sa "viscosité" (\(\nu\)). La planète est comme un bateau pris dans un lent courant qui l'entraîne.

Astuce (pour aller plus vite)

L'échelle de temps visqueuse \(\tau_{\nu} \approx a^2 / \nu\) est analogue au temps de diffusion. C'est le temps qu'il faut à une perturbation (comme le sillon) pour se propager sur une distance \(a\) dans un milieu de "diffusivité" \(\nu\). C'est une relation très commune en physique.

Normes (la référence réglementaire)

Le **modèle de disque visqueux de Shakura & Sunyaev (1973)** est le modèle standard pour décrire l'évolution des disques d'accrétion, des disques protoplanétaires aux disques autour des trous noirs. Notre calcul de l'échelle de temps visqueuse est une application directe de ce modèle fondamental.

Hypothèses (le cadre du calcul)

On suppose que la planète est suffisamment massive pour ouvrir un sillon propre et net. On suppose également que le paramètre \(\alpha\) est constant dans tout le disque, ce qui est une simplification.

Formule(s) (l'outil mathématique)

Échelle de temps visqueuse (et donc de migration de Type II) :

\[ \tau_{\text{II}} = \tau_{\nu} \approx \frac{a^2}{\nu} \]

Coefficient de viscosité turbulente \(\nu\) :

\[ \nu = \alpha H^2 \Omega_K = \alpha (ha)^2 \Omega_K = \alpha h^2 a^2 \Omega_K \]
Donnée(s) (les chiffres d'entrée)
  • \(\alpha = 10^{-3}\)
  • \(h = 0.05\)
  • \(a = 7.5 \times 10^{11} \, \text{m}\)
  • \(\Omega_K = 1.78 \times 10^{-8} \, \text{rad/s}\)
Schéma (Avant le calcul)
Paramètres pour la migration de Type II
Mp a Disque: \(\alpha, h\)
Calcul(s) (l'application numérique)

Calcul du coefficient de viscosité \(\nu\) :

\[ \begin{aligned} \nu &= \alpha h^2 a^2 \Omega_K \\ &= (10^{-3}) \times (0.05)^2 \times (7.5 \times 10^{11})^2 \times (1.78 \times 10^{-8}) \\ &= (10^{-3}) \times (0.0025) \times (5.625 \times 10^{23}) \times (1.78 \times 10^{-8}) \\ &\approx 2.5 \times 10^{10} \, \text{m}^2/\text{s} \end{aligned} \]

Calcul de l'échelle de temps visqueuse en secondes :

\[ \begin{aligned} \tau_{\text{II}} &= \frac{a^2}{\nu} \\ &= \frac{(7.5 \times 10^{11})^2}{2.5 \times 10^{10}} \\ &= \frac{5.625 \times 10^{23}}{2.5 \times 10^{10}} \\ &= 2.25 \times 10^{13} \, \text{s} \end{aligned} \]

Conversion en années :

\[ \tau_{\text{II}} \text{ (en ans)} = \frac{2.25 \times 10^{13}}{3.15 \times 10^7} \approx 714000 \, \text{ans} \]
Schéma (Après le calcul)
Résultat de la migration de Type II
\(\tau_{II} \approx 700,000\) ans
Réflexions (l'interprétation du résultat) et points à retenir

L'échelle de temps de 700 000 ans est significativement plus longue que celle de la migration de Type I, mais reste plus courte que la durée de vie du disque. Cela signifie qu'une planète géante a le temps de migrer considérablement, mais sans forcément tomber dans l'étoile avant la dissipation du disque.
Point à retenir : Ouvrir un sillon est un moyen efficace pour une planète de ralentir sa migration en se liant à l'évolution plus lente du disque.

Justifications (le pourquoi de cette étape)

Ce calcul est essentiel pour expliquer l'existence des Jupiters chauds et d'autres planètes géantes sur des orbites resserrées. Il fournit une échelle de temps réaliste pour leur déplacement depuis leur lieu de naissance lointain.

Points de vigilance (les erreurs à éviter)

Ne pas confondre \(h\) (rapport d'aspect) et \(H\) (hauteur du disque). La formule de \(\nu\) utilise \(H = ha\). Assurez-vous également que le paramètre de viscosité \(\alpha\) est bien un nombre sans dimension (généralement petit).

Le saviez-vous ? (la culture de l'ingénieur)
Résultat Final : L'échelle de temps de migration de Type II pour une planète comme Jupiter à 5 UA est d'environ 700 000 ans.

À vous de jouer !

Question 4 : Comparaison et implications

Principe (le concept physique)

La formation d'une planète est une course contre la montre. Une planète doit atteindre sa masse finale avant que le disque de gaz ne disparaisse (ce qui prend quelques millions d'années) et avant qu'elle ne tombe dans son étoile. En comparant les échelles de temps de formation, de migration et de vie du disque, on peut évaluer la viabilité d'un scénario de formation.

Schéma (Avant le calcul)
Comparaison des Échelles de Temps (à remplir)
0 3 Ma Durée de vie du disque \(\tau_I = ?\) \(\tau_{II} = ?\)
Calcul(s) (l'application numérique)

Comparaison des échelles de temps :

Phénomène Échelle de temps
Migration Type I (Terre) ~200 000 ans
Migration Type II (Jupiter) ~700 000 ans
Durée de vie du disque ~3 000 000 ans
Schéma (Après le calcul)
Comparaison des Échelles de Temps (Résultat)
0 3 Ma Durée de vie du disque \(\tau_I\) \(\tau_{II}\)
Réflexions (l'interprétation du résultat) et points à retenir

Implication pour la planète de type Jupiter (Type II) : Son temps de migration (~0.7 Ma) est inférieur à la durée de vie du disque (~3 Ma). Cela lui laisse le temps de migrer sur des distances significatives. C'est un mécanisme viable pour former des Jupiters chauds.

Implication pour la planète de type Terre (Type I) : Son temps de migration (~0.2 Ma) est extrêmement court ! Il est beaucoup plus court que la durée de vie du disque et potentiellement plus court que le temps nécessaire pour former une planète tellurique. Cela suggère que la plupart des planètes de cette taille devraient tomber dans leur étoile avant même d'avoir fini de se former. C'est un problème majeur pour les théories actuelles, indiquant que notre modèle simple de migration de Type I est incomplet.

Résultat Final : La migration de Type I est beaucoup plus rapide que la migration de Type II. L'échelle de temps de la migration de Type I est si courte qu'elle représente un défi majeur pour expliquer la survie et la formation des planètes telluriques.

Outil Interactif : Calculateur de Migration Planétaire

Ajustez les paramètres pour voir comment les échelles de temps de migration évoluent.

Paramètres du Système
1.0 M⊕
5.0 UA
100 kg/m²
Échelles de Temps de Migration
Migration Type I (ans) -
Migration Type II (ans) -
Régime de migration : -

Pour Aller Plus Loin : Des modèles plus réalistes

Résoudre le problème de la migration de Type I : Pour empêcher les embryons planétaires de tomber dans leur étoile, les astrophysiciens explorent plusieurs pistes. Les disques ne sont pas lisses : des "pièges à planètes" (des zones de surpression) pourraient exister où les forces de migration s'annulent, permettant aux planètes de s'y arrêter. De plus, des effets thermiques complexes et la turbulence dans le disque pourraient parfois inverser la direction de la migration, la poussant vers l'extérieur.


Le Saviez-Vous ?


Foire Aux Questions (FAQ)

La migration s'arrête-t-elle un jour ?

Oui. La migration est entièrement dépendante de la présence du disque de gaz. Une fois que le jeune soleil s'est "allumé" et que son rayonnement et ses vents stellaires ont soufflé le gaz restant du disque (généralement après 3 à 10 millions d'années), la migration s'arrête. Les planètes sont alors "verrouillées" sur leurs orbites finales, qui ne changeront plus que très légèrement par la suite.

Toutes les planètes migrent-elles vers l'intérieur ?

Principalement, oui. Cependant, des modèles plus complexes montrent que dans certaines conditions (liées à la température et à la densité du disque), il est possible pour une planète de gagner de l'énergie et de migrer vers l'extérieur, bien que ce soit considéré comme moins courant.


Quiz Final : Testez vos connaissances

1. Une planète de la masse de Jupiter et une planète de la masse de la Terre se trouvent dans le même disque à la même distance. Laquelle migrera le plus vite ?

2. La migration de Type II est plus lente car :


Migration Planétaire
Processus par lequel une planète change d'orbite après sa formation, en interagissant gravitationnellement avec le disque de gaz et de poussière dans lequel elle est née.
Migration de Type I
Régime de migration rapide pour les planètes de faible masse qui ne perturbent que localement le disque de gaz. La migration est due à un déséquilibre dans les forces exercées par les ondes de densité.
Migration de Type II
Régime de migration lente pour les planètes massives qui ouvrent un sillon dans le disque. La planète est alors forcée de suivre l'évolution visqueuse du disque dans son ensemble.
Disque Protoplanétaire
Disque de gaz et de poussière en rotation autour d'une jeune étoile, à partir duquel les planètes se forment.
Fondamentaux de la Planétologie : Migration Planétaire

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